samedi 21 juin 2008

Et de deux! Muskoka

On a repris l'entraînement de façon intensive, la première semaine de juin, en préparation pour le triathlon de Muskoka le 15 juin. On a récupéré rapidement après le triathlon de Milton et l'entraînement va bien. On se prépare pour un triathlon de plus de 3 heures. La grande difficulté sera de s'alimenter pendant la compétition, sinon le fameux mur des marathoniens nous attend après 2 h de course.  C'est complexe car lors d'un effort intense le corps ne peut digérer et assimiler que de petites quantités d'aliments. On va utiliser du sucre dans des boissons comme «Gatorade» et des «gels» en pochettes, en plus de l'eau. La semaine avant la compétition c'est le repos afin de prendre des forces pour le grand défi qui nous attend. C'est difficile de ralentir le rythme surtout pour Mathieu et Marie-Louise qui doivent occuper ce temps libre; à la fin de la semaine la maison est propre et le gazon a la coupe à la mode...


Samedi matin, on entreprend notre voyage vers Huntsville, près de 500 km de route en passant par Toronto, avec tout notre équipement. Le paysage dans la région de Muskoka est très beau, c'est semblable aux Laurentides et au Saguenay, on est dans le bouclier canadien. À 20 km de Hunsville, on prend une route de campagne afin de voir une partie du trajet de vélo, c'est plutôt vallonneux. On arrive sur le site autour de 13h. Caro sort son équipement car elle participe au triathlon sprint (750m de nage, 20 km de vélo, 5 km de course) plus tard cet après midi. On doit se rendre dans l'aréna municipal où les inscriptions s'effectuent. On reçoit un sac cadeau chacun, car on détient une carte express pour l'ensemble des triathlons de la série Subaru. Ensuite on ramasse nos dossards et je fais un changement de groupe pour le départ de natation. Lors du dernier triathlon, j'ai remonté les retardataires de 2 vagues précédentes, avec de nombreuses collisions. Je serai de la première vague, celle des 20 à 29 ans, avec Mathieu et Marie-Louise, la compétition sera forte. Pour l'instant, il y a beaucoup de kiosques d'équipements et de vêtements installés dans des tentes. Marie-Louise s'achète un beau maillot de triathlon Louis Garneau noir avec des bordures roses, évidemment c'est à 1/2 prix, budget oblige. Moi je me procure des lacets élastiques et une ceinture de dossard (bib) pour Mathieu.

Caro est prête, il est 14 h, encore 2 heures d'attente, elle discute de la course et essai de finaliser son échauffement. Le départ de natation est à 500 m de la zone de transition, on s'y rend à pied. Pour les romantiques, il y a un pittoresques petit train qui fait le trajet (voir les photos, lien au bas du message). Le parcours de natation est essentiellement dans une rivière. Dès que le départ est donné l'eau est agité par des centaines de bras et de jambes. Caro se débrouille bien, et elle termine dans le premier tiers. Elle a une bonne étape de vélo et bientôt on la voit apparaître à la course, et oups! Les 5 heures de route en auto ont hypothéqué notre athlète qui souffre d'un point ou d'une crampe au ventre. À mi-trajet elle doit abandonnée, la douleur étant trop vive. Elle en sentira la présence pendant deux jours. Mais tout compte fait, la frustration est plus grande que la douleur. Demain c'est notre tour, on espère avoir plus de succès... haaaaaa!

Pour trouver le sommeil, je dois beaucoup relaxer. Ainsi, les deux premières heures dans le lit sont zen, détente et respiration contrôlées, même si je dors peu, je suis bien reposé... On est debout à 6h et, après un petit déjeûner, on se dirige vers la zone de transition. On a presque établi notre routine au 2e triathlon, il y a beaucoup de chose à faire et le temps file rapidement. Le départ à lieu en eau profonde, on se rend au large sur une ligne fictive entre 2 bouées, en vague d'une centaine d'athlète. Il est 8h05, je suis dans l'eau depuis 30 secondes lorsque le signal de départ survient. Il faut un bon rythme pour éviter de se faire écraser, je reste du côté extérieur gauche (vers le large) et vois que la majorité du groupe s'éloigne vers la droite. Je crois voir Marie-Louise à 5 mètres sur ma droite, mais je ne reconnait pas son wetsuit. Je garde mon alignement avec la première bouée en point de mire. J'essai de glisser au maximum et de suivre un nageur pour profiter de son sillon. Le trajet de 2 km fait un carré dans le lac avant de descendre dans la rivière. Mon rythme est bon et régulier. Je termine la natation et en sortant de l'eau Caro m'indique où sont mes chaussures en criant ''Bravo Daniel! Parfait! Marie-Louise est juste derrière'', Quoi? Marie-Louise est derrière moi! C'est bien elle que j'ai vue après le départ et elle a pris mon sillon pendant tout le trajet. Elle ne savait pas que c'était moi devant, c’est trop drôle... d'ailleurs en sortant de l'eau elle éclate de rire en me voyant. Caro lui dit de garder son calme, elle rit encore. Avec mes chaussures, je sprinte vers la zone de transition, Marie-Louise ne me rattrapera pas avec ses sandales et son fou rire.

Oups! Lors de la transition, je m'y prends à trois reprises pour enfiler mon soulier droit, la semelle glisse au fond à chaque fois. Quand je mets mon soulier gauche, ma cuisse crampe, c'est sûrement dû au 30 secondes que j'ai passé en équilibre sur cette jambe pendant ma mésaventure avec l'autre soulier. Enfin je sors de la zone de transition et manque de peu la clôture en sautant sur mon vélo. Marie-Louise est passée 20 secondes plus tôt, morale; rien ne sert de courir, il faut… un trajet de 55 km à vélo, avec de belles côtes. Au 10e km, je croise Mathieu qui revient d’une petite boucle, il a 5 km d’avance sur moi, ensuite Marie-Louise, avec 1 ou 2 km d’avance déjà. A environ 25 km, il y une station de ravitaillement où des bénévoles nous tendent des bouteilles, j’en attrape une de la main... après en avoir échappé deux car j’allais un peu vite. La route devient de plus en plus raboteuse au point ou il est difficile de garder le contrôle, en plus il ya d’intense zone de soleil et d’ombre sous de grands arbres qui font que l’on ne voit pas venir les bosses et craques dans l’asphalte, j’ai peur de tomber ou de briser le vélo, j’ai une bouteille qui s’envole. 20 km plus loin je fais une crevaison à l’arrière, je ne suis pas trop surpris… Avec beaucoup de calme (vraiment), j’entreprends une marche à côté de mon vélo avec mes chaussures de clown (chaussure sans talon avec des cales…) Après 1 km, un bon samaritain (participant) me donne un tube de rechange de la bonne dimension, j’ai des roues plus petites que la norme. Je me bat un peu avec ma roue mais je parviens à reprendre la route pour terminer ce triathlon. Cet imprévu m'a fait perdre près de 30 minutes. Caro et Olivier m’attendent à la transition, j’avais peur qu’ils soient inquiets de mon absence. "Ben voyons ça ce peut pas, il est arrivé quekque chose, il est peut-être passé et on l'a manqué..."

Olivier me donne ma montre à la sortie de la transition et je débute la course avec des temps de passage sous les 5 minutes 30 au km, c’est mon objectif. Je croise Marie-Louise qui revient et qui a 8 km d'avance sur moi. La course se déroule bien. Je commence à souffrir au 12e km, le soleil plombe, c’est chaud et humide.   Je dois m’arrêter pour mettre mon bas gauche, j’avais couru sans bas jusque là. Les 2 km suivant sont difficiles, plusieurs coureurs arrêtent pour reprendre leur souffle, je fais quelques pas de marche moi aussi, mais je juge que courir sera plus rapide... Je termine et rejoint la famille, hourra! 3 x hourra! Mathieu et Marie-Louise ont très bien fait, je suis très fier d’eux. C’était tout un défi, plus de 3h d’effort. Dans chacune des étapes on pousse fort et on se demande comment on va faire pour la suite, passer d’un sport à l’autre permet vraiment de se dépasser.  On profite des breuvages et fruits à l’accueil de l’arrivée.  Ensuite on se rend à la remise des prix où Marie-Louise et Mathieu reçoivent les honneurs pour leur victoire dans leur catégorie, la plus belle récompense pour moi c’est cette expérience en famille!  Et il nous en reste d’autres, 

Les statistiques
Mathieu 73e au général en 3:19:59, 1er de sa catégorie
Marie-Louise 83e au général en 3:21:51, meilleur temps de course à pied chez les femmes incluant les Pro, 1ere de sa catégorie
Daniel 516 au général en 4:14:57 (soustraire 25 min, de pause. m... crevaison)
777 participants






pour des photos








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